Mai 1968 à l'Institut d'art et archéologie

Le grand mouvement d'occupation qui barricade les facultés dans la nuit du 10 mai 1968 conduit les étudiants à occuper le centre Censier dès le 11 mai puis la Sorbonne, qui est évacuée par les forces de police le 13 mai.

Les instituts périphériques, comme l'Institut de géographie et l'Institut d'art et d'archéologie, suivent. A Michelet, l'occupation par un comité étudiant se manifeste bien sûr par une série d'assemblées générales auxquelles assistent un très grand nombre d'enseignants et de chercheurs venus de toutes les institutions parisiennes comme Pierre Demargne, le directeur de l'Institut. Il veille avec son épouse, dans la mesure des moyens, à la maintenance des locaux et favorise des discussions infinies, harassantes et passionnantes.

Les étudiants assistent, souvent avec étonnement, à la remise en cause par les chercheurs et leurs enseignants du formalisme et du manque de moyens de l'enseignement supérieur parisien. Jean Deshayes, futur remplaçant de Pierre Demargne, Jean Lassus, dernier doyen d'Hanoi et dernier recteur d'Alger – comme il aimait à le rappeler -, animent bien des discussions. André Chastel n'hésite pas à suggérer aux étudiants trotskystes d'organiser avec lui un voyage à Cuba pour juger de l'intérêt des réformes sociales et du statut des artistes après la révolution. André Leroi-Gourhan, suivi de la plupart des collaborateurs de son laboratoire participe, avec Jean Deshayes, à la commission "unité de l'archéologie" dont les recommandations sembleront au lecteur d'aujourd'hui d'une étrange actualité.